Décoctions, infusions, mécérations : s’y retrouver dans les modes de préparation

Préparer une tisane, c’est simple ! 

Enfin parfois, on s’y perd quand même un peu. Pourquoi sur mon paquet de fleurs de tilleul il est indiqué de la faire infuser, alors que sur la racine de pissenlit c’est une décoction ? Et d’ailleurs quelle est exactement la différence entre les deux ? Et avec une tisane?

C’est ce que nous allons décortiquer ici.  

Les bases de la préparation d’une tisane

Pour bien savoir de quoi on parle, voyons quelques définitions des termes les plus souvent rencontrés.

Le mot « tisane » est un terme générique qui correspond au fait d’utiliser de l’eau comme solvant pour extraire les principes actifs des plantesEn clair, c’est le fait de mettre des plantes dans de l’eau, filtrer puis boire. Mais il existe différentes manières de préparer une tisane…

Une infusion, c’est donc un type de tisane préparée en versant directement l’eau chaude sur les plantes, qu’on laisse alors dans l’eau plusieurs minutes, à couvert. De manière générale, l’infusion est utilisée pour les parties de plantes les plus fragiles : fleurs, sommités fleuries, feuilles, plante entière, etc ; ou pour des plantes très aromatiques. C’est comme quand vous préparez du thé.

Il existe également une version de ce mode de préparation qu’on appelle « infusion des puristes » et qui consiste à mettre les plantes dans la casserole, verser de l’eau froide et faire chauffer à couvert mais en arrêtant le feu avant ébullition.

Cette « infusion des puristes » est à ne pas confondre avec la décoction, qui est une tisane préparée en faisant chauffer l’eau avec les plantes dedans, qu’on porte à ébullition puis laisse frémir quelques minutes, à couvert. La décoction est en général utilisées pour les parties de plantes les plus dures : rhizomes, racines, écorces, feuilles coriaces, etc. C’est comme quand vous préparez un bouillon.

 

Les préparations de tisanes plus originales 

Il existe aussi des tisanes que l’on prépare par macération.

Pour une macération à froid, on met les plantes dans l’eau froide, sans chauffer, pendant plusieurs heures. C’est l’idéal pour extraire des molécules sensibles à la chaleur ou tout simplement pour une tisane rafraîchissante en été.

Mais on peut également réaliser une macération à chaud. Ici, c’est le principe du bain-marie. Quelle différence avec l’infusion des puristes et la décoction me demanderez-vous? C’est qu’on laisse chauffer sans porter à ébullition (au contraire de la décoction qu’on laisse bouillir) et à température basse et constante (au contraire de l’infusion des puristes où l’on fait monter la température).

Enfin, un dernier type de tisane que vous connaissez bien : la percolation. Si, si, vous connaissez parfaitement ce mode de préparation. Aussi parfois appelée lixiviation,  c’est une tisane pour laquelle on va faire passer l’eau chaude à travers la plante réduite en poudre et la plante ne reste pas au contacte de l’eau. Ca ne vous rappelle rien? Et oui! C’est comme quand vous préparez votre café.

Et le thé alors?

On voit parfois utilisé des termes comme « thé aux herbes », « thé de plantes » etc. Est-ce la même chose qu’une tisane?

En un mot : oui ! C’est juste une mauvaise traduction de l’anglais « herbal tea » (de « herbal » = « aux plantes » et « tea » qui signifie littéralement « thé ») qui n’est autre que le terme anglophone pour « tisane ». Le mot « thé » est le nom de français de la plante Camellia sinensis et par extension de la boisson qui n’est autre… qu’une infusion de feuilles de thé !

 

Et maintenant, vous êtes prêt(e)s à vous préparer une bonne tasse de votre tisane préférée ! 

Les informations figurant sur ce site sont présentées à titre éducatif et sont issues de la littérature historique et traditionnelle sur l’herboristerie. Elles ne sauraient remplacer l’avis d’un(e) professionnel(le) de santé, ni être interprétées comme un moyen de prescription ou de diagnostic.